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Business models

Ce renouveau industriel français de 2030 qui a commencé en 2016

  • Serge Catherineau
    ‎Directeur Marketing Marché Automobile Aéronautique et Système-intégrateurs chez Schneider Electric

« L’usine du futur, c’est maintenant », voilà ce que ce sont dit de nombreux acteurs industriels au milieu des années 10. A l’époque, entre usine du futur, industrie 4.0, industrie connectée, tout le monde parlait déjà du sujet depuis des années sans toujours en mesurer pleinement les enjeux, ni même imaginer les conséquences réelles sur le fonctionnement des entreprises. Il s’agissait de répondre à de nouveaux défis en termes de compétitivité, de performance et de respect de l’environnement. Or, les leviers étaient déjà nombreux : technologies, méthodes, schémas d’organisation du travail ouvraient des perspectives incroyables. S’il était hors de question de remettre en cause les investissements réalisés par ces acteurs jusqu’alors, il fallait bien poser immédiatement les bases de cette industrie française compétitive et leader sur de nombreux secteurs, que nous connaissons aujourd’hui en 2030. Il y a quinze ans, de plus en plus d’acteurs ont donc fait le choix d’actionner 5 clés qui, pour certaines, amenaient une véritable dynamique de rupture dans leurs métiers. Cela peut prêter à sourire aujourd’hui, alors que ces clés sont devenues des « basics » incontournables pour tous… pourtant il a bien fallu à l’époque que certains le démontrent.

Le triomphe de la continuité numérique
Ces clés étaient la transition énergétique, la mass-personnalisation de la production, la montée en gamme des produits et de nouveaux services, une excellence opérationnelle s’appuyant sur l’innovation, et l’adoption généralisée du numérique pour structurer son activité. Ce dernier point est rapidement devenu le symbole de ce qu’on appelait alors la 4e révolution industrielle. Le numérique était à la fois moteur et outils du changement, et l’objectif de « continuité numérique » s’est imposé en 2016 comme le facteur différenciant entre les acteurs industriels qui réussissaient à s’imposer et ceux qui se laissaient piéger par l’attentisme. L’interconnexion, le partage des données en temps réel, du niveau le plus local à celui le plus global et planétaire, se généralisaient depuis des années déjà. Mobilité, wifi, 4G, cloud, virtualisation… révolutionnaient tour à tour chaque pan d’activité. Assurer l’harmonie était donc devenu un point central de la réussite, notamment dans la structuration du cycle de vie industriel.

De l’organisation du travail, à la relation client, en passant par la conception, l’exploitation et la maintenance, la transformation numérique a ainsi permis aux acteurs industriels de se structurer pour les décennies à venir. Omniprésents dans notre industrie aujourd’hui, de nombreux cas d’usages et habitudes étaient mis en place en 2016 comme des innovations permettant de faire la différence face à ses concurrents.

Le mobile reporting a par exemple permis d’accéder aux données les plus critiques des usines à tout moment et en tout lieu depuis un smartphone. Les décideurs, comme le personnel mobile dans les industries du process, avaient besoin d’être informés en temps réel sur les performances opérationnelles des équipements. Le cloud offrit la possibilité de connecter les téléphones mobiles et les tablettes avec toutes les sources de données d’entreprise ou de systèmes de production. Toutes ces données purent alors être transformées en rapports graphiques consultables en temps réel, personnalisables, comparables, et permettant le cas échéant de décider d’actions correctives en direct, raccourcissant d’autant les cycles de décisions.

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Un changement de perception majeur pour la suite
La prometteuse réalité augmentée fit elle-aussi rapidement ses preuves pour améliorer la maintenance. Basée sur la reconnaissance soit de formes, soit de mires appelées Tags, elle permit d’accéder en temps réel aux informations de l’installation : données du process, diagnostic en ligne, documentation. Une différence notable pour les industriels de l’époque, surtout associée à une optique de gestion prédictive de la maintenance, qui provoqua la disparition progressive des arrêts de production pour cause de panne. D’où l’émergence du TPM (Total Productive Maintenance) que nous connaissons bien aujourd’hui. En s’appuyant sur les capteurs de condition, cette nouvelle approche de la maintenance a permis de prévoir les besoins d’intervention sur les équipements de production et de planifier leur déroulement en fonction de critères multiples : disponibilité des équipes et des pièces de rechange, niveau du stock, prévisions de consommation, etc. Ces usages qui paraissent aller de soi ces dernières années, donnèrent une avance considérable à certains acteurs avant 2020. De nouveaux horizons se sont ouverts pour les personnels de maintenance, qui s’emparèrent par exemple du cloud pour faire de la GMAO un outil simple, économique et surtout 100% collaboratif. L’historique des pannes, le planning et les rapports des interventions ou de disponibilités des équipes, directement accessibles sur smartphone, leur fit développer une vision en temps réel de l’état des machines, sans être perpétuellement à la recherche d’informations et en situation de dépendance vis-à-vis d’un tiers.

Mais la maintenance ne fût pas la seule activité à être bouleversée. C’est ainsi à cette époque également que la simulation virtuelle immersive fit son apparition remarquée dans d’autres disciplines de l’industrie : la conception du process, l’implantation des machines, l’ergonomie des postes opérateurs, la formation, ou encore la réaction aux évènements critiques. La vue en 3 dimensions totalement immersive n’était pas une nouveauté pour les simulations comme celles du pilotage d’avion… mais elle fit son entrée dans l’outil industriel en modifiant profondément la relation entre l’homme et ce qu’il appelait l’usine du futur. Ces modifications du travail industriel à tous les niveaux eurent pour effet de changer la perception que se faisaient nos jeunes talents du secteur, attirant tout une génération vers cet univers, avec ses idées nouvelles et sa propre dynamique d’innovation. Le cercle vertueux était lancé.

 

Dans la continuité de ces réflexions, Schneider Electric organise l’événement « Vivre et travailler en 2030 » qui se déroulera à Paris, Porte de Versailles du 31 mars au 2 avril 2016. Alliancy, le mag est partenaire de l’exposition, pour être invité à cette rencontre et bénéficier d’un accès privilégié, rendez-vous sur : vivreen2030.alliancy.fr/preinscription-life-is-on/

 

Biographie

De formation Ingénieur ECAM LYON, Serge CATHERINEAU a acquis une forte expérience dans le domaine des automatismes industriels en occupant successivement des fonctions dans le développement d’automates programmables et de cartes d’axes numériques, d’ingénieur expert application en commande d’axe et en régulation avancée, puis des fonctions de chef de produit marketing en supervision, réseaux de communication, automates avant de prendre au sein de la Business Industrie France la direction des équipes marketing opérationnel des gammes d’automatisme de Schneider Electric. Il exerce aujourd’hui au sein de la direction commerciale France de nouvelles responsabilités de direction marketing des marchés automobile, Aéronautique et manufacturier et pilote la filière des systèmes-intégrateurs.

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