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Business models

En 2030, le consommateur est un humain !

  • Aurélien Casseleux
    CEO de Square 90

22 octobre 2030

Quel pas en avant dans le retail depuis une quinzaine d’année. C’est incroyable. Je me rappelle qu’à l’époque certains retailers trompaient encore leurs clients. Que ce soit avec un matraquage publicitaire bien organisé ou un usage excessif d’informations les concernant.
Retour en arrière…

Les publicités orchestrées

En 2015, un ami, Guillaume : diplômé d’école de commerce, célibataire, bonne situation professionnelle (malgré un job qui ne l’intéressait pas).
Le soir, chez lui, il « retrouvait » ses écrans : Tv, Smartphone (1), tablette (2), ordinateur.
Il était la cible privilégiée des spots de pubs. Avant le repas, on « l’invitait » à « déguster » un plat préparé surgelés. En lui rappelant avec une certaine hypocrisie de ne pas manger trop gras et trop salé.
Donc, il grossissait.
Heureusement après le repas, à la coupure pub, on lui proposait de trouver des solutions pour maigrir. Il ne s’agissait évidemment pas de manger sainement ou de sortir faire du sport mais plutôt de s’acheter des appareils d’électrostimulation. Histoire de faire du sport sur son canapé.

L’intrusion

Les annonceurs, principalement des retailers, faisaient tout pour faire venir les « Guillaume » dans leurs points de vente et les convaincre d’acheter tout en les fidélisant à « tout prix ». Comment acceptions-nous de nous faire harceler ainsi ? Un sms pour nous souhaiter une « bonne année » couplé à un bon de réduction, valable uniquement le mardi. Ou un email pour nous rappeler que « cela fait longtemps qu’on ne vous a pas vu ! » couplé à un bon de réduction, valable uniquement le jeudi.
Il fallait consommer.
Un jour de pluie, repéré par la localisation de votre smartphone, une vitrine vous aurait proposé un d’acheter un parapluie. Tout en sachant que vous en aviez 2 chez vous et que l’averse allait s’arrêter dans 5 minutes.

Ils n’avaient pas compris – LOL (3)

Ne leurs en voulons pas. Ils n’avaient pas encore compris ! Compris que chaque client était unique. Heureusement la big data est devenue la smart data.
Aujourd’hui, nous ne parlons plus à une masse de consommateurs mais à chacun. Et c’est bien la différence majeure.
Avant, les enseignes et distributeurs perdaient certains de leurs clients parce qu’ils voulaient en gagner d’autres. C’était complètement paradoxal et plusieurs évènements majeurs ont fait bouger les choses.

L’information circule

Le volume des sources d’informations a transformé la société. Les individus se sont complètement libérés des contraintes temporelles et spatiales pour faire leurs achats. On se moquait bien de nous à l’époque.
Par exemple, l’ajustement des prix en temps réel chez les voyagistes était une vraie aberration. Rendez vous compte : le prix d’un billet d’avion pouvait varier sans raison. Sur un vol, chaque passager avait payé un tarif différent pour un service équivalent.
Inimaginable aujourd’hui.
D’ailleurs, s’il pleuvait demain, un retailer vous prêtera un parapluie. Ainsi, en le ramenant, il pourra vous présenter son activité avec un à priori positif.

Apprendre à réfléchir

Face à la masse d’informations disponibles, de nombreuses plateformes en ligne ont vu le jour sous la forme de tutoriel, podcast, Mooc pour transmettre un savoir et partager des expériences.
Ainsi, l’e-learning est devenu indispensable. Les établissements scolaires se font rares. La population qui s’éduque se diversifie. Elle sélectionne ses connaissances.
Il ne s’agit plus d’apprendre par cœur des leçons et des théorèmes mais d’apprendre à analyser, à réfléchir, à créer, à partager et à transmettre.
Le monde s’informe et prend position. L’ensemble de ces comportements déteint sur le commerce d’aujourd’hui.

Le commerce 37.2°

Le commerce 360° est mort, vive la consommation 37.2°. L’entreprise, sa communication, ses publicités se font plus discrètes. Certaines s’effacent. Ainsi, seuls des produits et services de qualité peuvent perdurer. S’ils ne l’étaient pas, les premiers consommateurs « déçus » se chargeraient en toute honnêteté de le faire savoir.
Quant à l’époque, on attendait parler que des trains en retard. Aujourd’hui, ils n’existent plus ! Alors parlons des trains à l’heure.
Ainsi, les consommateurs deviennent les meilleurs « influenceurs », campagnes publicitaires, études de marché et prescripteurs.
Fini les publicités « mensongères », fini la politique du prix le plus bas, fini les retailers qui travaillent mal. Aujourd’hui 22 octobre 2030, savourons cette nouvelle « plénitude commerciale » dans laquelle s’inscrit des valeurs et du bon sens.
Avouons-le : « nous n’avons même plus l’impression de consommer. »
Tout est devenu naturel. L’humain a repris le dessus.

 

Bibliographie

(1) Le smartphone était le 1er véritable objet connecté portable. Vous pouvez me croire, à partir de 2005, c’était une révolution et indispensable.
(2) Appareil à mi-chemin entre le smartphone et l’ordinateur.
(3) Wikitionnaire 2028 : Anglicisme « à la mode » qui signifie « trop drôle ».

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