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Business models

L’imagination au pouvoir

  • Séverine Picault
    Directrice de clientèle de Tukilik

L’intelligence sera artificielle et dans le logiciel. Les systèmes d’information au sens large du terme, dépassent déjà les capacités de l’intelligence humaine en terme de calcul. L’informatique quantique qui en est encore à son a,b,c, effectue des calculs que ne peut faire l’informatique conventionnelle. L’intelligence artificielle progresse également à grands pas. Si elle suscite réticences et inquiétudes, en outre, fin 2015 des entrepreneurs de la Silicon Valley fondaient une organisation à but non lucratif, OpenAI, afin de s’assurer que l’intelligence artificielle reste bénéfique pour l’humanité, le mouvement est incontestablement lancé. Ces technologies sont encore balbutiantes, le rêve d’un robot totalement autonome n’est pas pour toute suite. Le vrai modèle disruptif se trouve aujourd’hui dans la science des algorithmes et le savoir-faire dans le traitement du big data. Les désirs des consommateurs, le comportement d’un salarié sont déterminés à partir de modèles prédictifs. A terme, les outils numériques de plus en plus intelligents amèneront les hommes à adopter de nouveaux modèles pour acquérir des compétences. L’enjeu pour le salarié ou le freelance consistera à maîtriser des savoir-faire et des savoir-être considérés comme rares.

Les applications sont de plus en plus intelligentes

Les applications en apparence simples, déploient des technologies reposant sur les dernières avancées en matière d’intelligence artificielle. Par exemple, pour apprendre les habitudes de déplacement d’un individu et lui proposer de prendre sur la route des passagers sur un point de rendez-vous qui aura été calculé de manière optimale.

En effet, les recherches et expérimentations en matière de machine learning consistant à entrainer une machine à reconnaître tout type d’information : une photo, du texte, des vidéos, permettent de combiner une grande quantité de données. Si les machines arrivent déjà à reconnaître et découvrir des formes par elles-mêmes, les choses se compliquent lorsqu’il s’agit de détecter l’environnement contextuel. A n’en pas douter d’ici 2030, les applications auront fait d’énorme progrès et pourront combiner des systèmes de compréhension du langage naturel, de détection des objets et des analyses des séquences dans une vidéo. Les assistants numériques seront omniprésents, à l’image de M, actuellement en test sur l’application Messenger de Facebook.

L’émergence des applications de plus en plus intelligentes, de l’Internet des objets et des compagnons numériques ne peut que transformer la vie quotidienne. Dans ce contexte où le logiciel sera derrière chacun de nos gestes, la plupart des tâches seront automatisées. Selon le rapport Roland Berger qu’on ne présente plus, la transformation digitale est porteuse de création de richesse. Les gains de productivité liés à la numérisation des entreprises pourraient représenter à 10 ans 30 milliards d’euros de recettes fiscales.

La transformation numérique qui se sera achevée en à peine une décennie aura radicalement transformé le rapport au travail et au divertissement.

Le cycle disruptif est d’ores et déjà amorcé posant la question de la place de l’homme dans le processus de décisions et de production, le cabinet Roland Berger estime d’ailleurs que 42% des emplois seront automatisables d’ici 20 ans.

En réponse à cette évolution technologique, l’homme devra acquérir des compétences uniques sur le modèle du on-demand.

La « ludification » de la société

Aujourd’hui, la « ludification » représente une des composantes de la transition numérique ; toutes les générations s’adonnent au jeu. Progressivement, il est sorti de la sphère du divertissement pour annexer d’autres domaines aussi éloignés les uns des autres. Ses mécaniques se retrouvent au travail, pour apprendre ou encore innover. Dès 2011, le Gartner anticipait cette tendance en estimant qu’en 2015, 70% des 2000 entreprises les plus importantes auraient au moins une application conçue sur ces mécaniques.

L’être humain est naturellement prédisposé au jeu, des applications en apparence ludiques lui permettent de se lancer des objectifs ambitieux tout en apprenant plus rapidement. Les entreprises, quant à elles devront dépasser le stade des serious games et s’inscrire dans une démarche collaborative ludique que ce soit pour instaurer une nouvelle organisation ou innover.

L’imagination plus que jamais valorisée

A l’image des coopératives, les organisations de tout type se regrouperont dans des fab lab pour mener une réflexion sur leurs projets stratégiques. Ces espaces ouverts où profils universitaires, associatifs ou encore entrepreneuriaux se côtoieront, valoriseront l’imagination et les capacités à concevoir de nouveaux modèles ou usages.

Au final, la créativité de l’être humain sera une chose inestimable, le calcul de sa mise en œuvre étant laissé à l’intelligence logicielle. Typiquement, un architecte imagine un bâtiment extraordinaire et l’ordinateur calcule les résistances des matériaux.

Biographie

Séverine Picault est Directrice de clientèle de l’agence TUKILIK en charge du conseil en stratégie d'influence & communication digitale. Depuis plus de 15 ans, Séverine évolue dans le secteur de l’innovation et du High-Tech que ce soit en tant que consultante freelance ou en agence conseil. Elle accompagne aussi bien les start-up que les grands comptes dans leur communication autour des enjeux du numérique.

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