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Business models

Travailler à l’heure du Digital

  • Nicolas Lecocq
    Directeur des Marchés Digitaux chez econocom

Le 14 avril a eu lieu la douzième édition des Innovation Datings, une coproduction d’econocom et du Club Open Innovation autour de la thématique « Travailler à l’heure du Digital ». L’occasion pour une sélection de start-up prometteuses de présenter, face à une assemblée de grands groupes, des produits et services innovants laissant entrevoir les transformations en cours dans nos espaces de travail et préfigurant peut-être ce que seront nos entreprises en 2030.

Décryptage avec Nicolas Lecocq, Directeur des Marchés Digitaux chez econocom.

Avant de parler innovation, un rappel sur l’activité d’econocom ?

Notre groupe a un positionnement original sur le marché de la transformation digitale des entreprises car il offre une combinaison unique de savoir-faire : conseil, approvisionnement et gestion administrative des actifs numériques, services aux infrastructures et aux applicatifs et financement des projets. Notre positionnement est celui d’un intégrateur, ouvert sur un large écosystème de constructeurs, d’éditeurs et de banques, dont nous assemblons les produits au cas par cas en solutions métiers, accessibles sous forme de redevance mensuelle.

« Travailler à l’heure du Digital », la thématique est large ; que recherchiez-vous exactement ?

Au-delà de thématiques prospectivistes qui interrogent très légitimement les grands acteurs industriels et publics – Smart City, Smart Building, Smart Mobility – ou de considérations technologiques – Cloud, Objets Connectés, Big Data – notre volonté était d’explorer des innovations portant sur les gestes du quotidien en entreprise : organiser une réunion et partager un compte rendu, recruter et former les collaborateurs, accéder à distance à ses fichiers ou encore gérer un portefeuille de contrats. Autant de tâches qui occupent une part croissante de notre temps à mesure que nos business s’accélèrent et que les périmètres de nos entreprises s’élargissent : qui ne s’est pas déjà désespéré d’une boite mail surchargée après quelques jours d’absence, d’une connexion VPN laborieuse pour récupérer un simple fichier et d’une visio-conférence impossible à démarrer ?

Quelles ont été vos principales découvertes lors de cet événement ?

Tout d’abord, nous avons été surpris par le nombre des candidatures reçues en quelques semaines et leur solidité; sur 70 start-up analysées, 42 présentaient de solides références grands comptes et 20 étaient déjà en phase d’industrialisation voire d’internationalisation. Les projets portant sur les espaces de travail sont classiquement analysés selon 3 axes – WorkForce, WorkPlace, WorkFlow – chacun était représenté avec un biais notable en faveur des outils destinés aux collaborateurs permettant de fluidifier la communication en entreprise.

Kickle promet de ne plus jamais rester interdit devant un système de vidéo-conférence inhospitalier … voire hostile ! La solution s’appuyant sur Microsoft Link réserve automatiquement un pont de conférence vidéo au moment où vous planifiez votre réunion et l’instancie tout aussi automatiquement au démarrage de celle-ci. Un moyen simple et économique pour mettre un visage sur toutes les voix.

Kayoo part du constat que la plupart des collaborateurs sont perdus face à la multiplicité et l’hétérogénéité des outils de communication mis à leur disposition : newsletter, webzine, réseau social d’entreprise, outil de gestion électronique documentaire, outil RH, outil de gestion de projets, application mobile, comptes Twitter, Linkedin, Facebook … et si on pouvait retrouver en un seul endroit les outils et les informations dont on a vraiment besoin ! Kayoo n’est pas un énième outil mais se présente comme une plateforme qui fédère et simplifie le quotidien.

JulieDesk enfin propose un service d’assistant virtuel facilitant la gestion de l’agenda et la planification de réunion multipartite nécessitant de nombreux échanges de courriel. Après un rapide paramétrage, son intelligence artificielle prend le relai et lui permet de dialoguer avec vos interlocuteurs à votre place. Julie ne possède pas encore toutes les facultés de Samantha dans le film Her de Spike Jonze mais c’est un bon début !

 Qu’en est-il des espaces et des processus de travail ?

Côté WorkPlace, la solution de la société Neo-Nomade a été particulièrement appréciée car elle est à mon sens le chaînon manquant entre les tiers-lieux et les entreprises. L’offre consolidée par la start-up depuis 2010 est suffisamment riche – plus de 2000 lieux référencés – pour satisfaire les besoins de la plupart des collaborateurs nomades, sans qu’ils aient à se soucier du mode de facturation propre à chaque lieu : grâce à un système de « crédit d’utilisation » renouvelé chaque mois ou chaque semaine, Neo-Nomade s’occupe de tout.

Coup de cœur également pour Stimergy qui recycle la chaleur produite par les serveurs de nos entreprises pour la production d’eau chaude sanitaire. Un serveur produit quotidiennement 80 litres d’eau chaude ; de quoi justifier la relocalisation de gros centres de données à proximité de points de consommation et apporter une réponse concrète au défi énergétique auquel nos sociétés digitales font face. Les centres de données sont responsables de l’émission d’autant de CO2 que la moitié du trafic mondial aérien !

Côté WorkFlow enfin, ContractSide garantit la maîtrise des informations clés des contrats signés, en assurant une gestion sécurisée, centralisée et personnalisée de chaque contrat, le tout accessible en mode SaaS. Fini donc les échéances manquées et les contrats perdus, sources de surcoûts pour de nombreuses entreprises.

Les possibilités semblent infinies…voyez-vous une limite à l’adoption du digital en entreprise ?

Celle fixée par les individus à l’évidence : la technologie doit faciliter leur travail au quotidien mais ne pas devenir coercitive. La frontière est ténue quand on pense à la possibilité offerte à tous d’écrire et recevoir des courriels professionnels 24h/24 depuis son smartphone personnel. Progrès ou asservissement ? Il en va de même pour les nouveaux moyens de supervision et de contrôle – les dispositifs de tracking de véhicules par exemple – comme le résume très bien Michel Volle « le bon dosage qu’il faut respecter pour que l’alliage du cerveau humain et de l’automate soit efficace est encore généralement ignoré. ». Autre point de vigilance, l’apparition de phénomènes de classe en entreprise distinguant les générations « analogiques » des générations « numériques ». Bien que le terme soit à la mode, le « reverse mentoring » n’en est encore qu’à ses balbutiements dans la plupart des grands groupes.

Justement, comment un grand groupe comme econocom collabore-t-il avec les start-up ?

Comme prescripteur tout d’abord. Nos partenariats avec le Club Open Innovation, le fond d’investissement Partech Entrepreneur et l’accélérateur StartUp42 nous permettent de percevoir les signaux faibles de la transformation digitale et d’identifier en avance de phase ses acteurs les plus prometteurs. Nous partageons de façon ouverte ce travail d’investigation avec nos clients, qui apprécient d’être orientés dans un écosystème protéiforme, parfois difficile à appréhender sans appui externe. Comme facilitateur ensuite. Nos expertises en service, distribution et financement et la capillarité de nos réseaux commerciaux sont particulièrement utiles aux start-up souhaitant s’adresser aux grands groupes ; ces derniers valorisent la réassurance apportée par econocom et son expertise dans le montage de dossiers complexes. Notre démarche s’inscrit donc véritablement dans un modèle win – win – win pour les startup, econocom et nos clients et se veut 100% innovante : nous aidons les inventions digitales à rencontrer leur marché.

Des références pour illustrer votre propos ?

Dans le domaine des objets connectés, en pleine effervescence grâce au dynamisme de l’opérateur français Sigfox, econocom a largement investi en 2014 dans la cartographie de l’écosystème des constructeurs de capteurs, composé essentiellement de PME étant donné la jeunesse de la technologie. Ce travail a rapidement porté ces fruits en nous permettant de remporter un projet de digitalisation d’entrepôts logistiques, exploitant les produits de la start-up AgoraEnergy, le réseau M2M Sigfox et les savoir-faire d’econocom en matière de développement et d’intégration applicative. En rendant possible la supervision d’un flux de colis à coût optimisé, les objets connectés ont ici permis de réduire la pénibilité du travail des opérateurs, réaffectés vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. Encore une autre façon de travailler à l’heure du digital !

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