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Vies augmentées

  • Nicolas Boisseleau
    Directeur Marketing et Communication du groupe Tapptic

Nous sommes en 2030. Les technologies qui révolutionnent vos modes de vie ont entièrement intégré nos existences. Certaines sont déjà dépassées. La réalité augmentée est devenue la réalité. Discrète, elle répond à nos moindres besoins, au point que nous ne saurions plus nous en passer.

Paris sera toujours Paris, même si la ville a changé. Le Grand Paris a absorbé ses banlieues tout en transformant profondément son urbanisme. La circulation et les transports en commun ont été repensés, rapprochant des zones jusque-là enclavées. La limitation des voies de circulation, le développement des transports en commun et la généralisation du covoiturage ont divisé par 5 la densité du trafic et purifié l’air de la Capitale. Avec l’interdiction de circulation des véhicules non-autonomes, passée en force au conseil de Paris en 2028, les accidents ont presque disparu et il n’a jamais été aussi agréable de se balader sur le Boulevard Saint-Germain.

Malgré l’explosion de la bulle immobilière, les prix du logement n’ont pas beaucoup baissés. Le cœur de Paris n’accueille plus que les plus fortunés, les touristes et les franciliens qui y travaillent. La majeure partie de la population a été repoussée vers les éco-quartiers de la périphérie. Elle y gagne au change. Plus vastes, ces nouveaux habitats ne sont pas limités par le manque d’espace de la vieille ville. La domotique s’est généralisée et les récentes normes obligent l’installation d’un IOSC (Internet Object Supervision Center) compatibles avec différents OS, dans toute construction. L’IOSC centralise tous les objets de la famille. Température du frigo, contrôle de la navigation des enfants sur le web… Tout se gère via l’interface utilisateur de son smartphone, de sa montre ou par l’affichage Tête haute de ses lunettes connectées.

Les progressistes ont gagné

Avec la généralisation de la 3D domestique, le sur-mesure est devenu la norme. Un choix infini de personnalisation est disponible sur la toile pour presque rien. Les Fab Labs ont été rachetés ou fermés pour la plupart. Basés sur l’économie collaborative, ils n’ont rien pu faire contre les imprimantes des réseaux la Poste, La Fnac ou encore Carrefour.

Face à la croissance démographique, l’usage de l’éolien et du solaire s’est répandu. Les années 20 ont été marquées par la lutte entre tenants et opposants à l’installation de Récupérateurs d’Energie sur les toits parisiens. Heureusement, les progressistes ont gagné. Ces systèmes de collecte des énergies du vent et du soleil en même temps que des eaux usées ne défigurent pas trop le panorama parisien et donnent l’image d’une ville moderne ouverte sur l’avenir !

Les stations essences ont fermés à mesure du passage du parc automobile à l’électrique. La loi anti-pollution de 29 oblige les derniers propriétaires de véhicules à explosion à les équiper de filtres à tarifs prohibitifs. Avec la raréfaction des énergies fossiles, seuls les collectionneurs les plus fortunés en ont encore les moyens.

Réparer les handicaps

Les avancées de la médecine sont intrinsèquement liées aux nouvelles technologies. Elles sont souvent la généralisation de pratiques grâce à la miniaturisation. J’ai accès en temps réel à mon rythme cardiaque ou à mon taux de sucre via mon interface personnelle. Tout incident dans mes constantes provoquera l’envoi d’une alerte aux personnels compétents. La médecine hospitalière a progressé : création de tissus humains, régénération cellulaire, nano biologie… les handicaps « se réparent » par la technologie. Ces remplacements dépassent souvent les capacités des membres originels. On assiste aux premiers remplacements volontaires dans l’armée et pour certains métiers.

La gastronomie française garde sa réputation. Notre statut de pays restaurant, nous préserve un peu. L’accroissement de la population mondiale a provoqué des crises alimentaires d’une ampleur inédite. On a réaffecté des terres à la culture et repensé leur utilisation au bénéfice de productions plus rentables. La viande est devenue un aliment de luxe, mais on s’habitue vite au steak d’insectes. On parle d’implanter au cœur des villes des structures végétales de la taille de building, pour en assurer l’autosuffisance.

Connectés en permanence

La technologie nous apporte beaucoup. On peut parler d’osmose homme/machine. Le smartphone n’est qu’une plateforme vers un espace personnel unique partagé par tous ses écrans. L’utilisateur ne va plus chercher le contenu, c’est le contenu – adapté au contexte de diffusion – qui vient à lui.

En permanence connectée, la vie de l’utilisateur se déroule en continue à travers la réalité augmentée. L’individu est plongé dans un flux d’informations et a accès à ses contenus partout via son interface utilisateur personnalisée. Avec vos data comme références, ces contenus sont ciblés pour vous correspondre. Je consulte chaque matin mes mails sous ma douche, pour voir les informations trafic s’afficher sur ma table de cuisine pendant mon petit déjeuner avant d’aller au travail conduit par ma voiture électrique qui me rappelle mon emploi du temps de la journée.

Ces nombreuses interactions avec les objets connectés, qui rythment nos vies de bout en bout, n’ont été rendues possibles que par l’extrême simplification de leurs utilisations. Les sciences iconographiques ont simplifié les interfaces pour les rendre absolument intuitives.

Ces dernières années ont vu l’émergence de nouveaux géants de l’industrie connectée. Des business models révolutionnaires il y a 20 ans ont dû se repenser ou disparaître. Les réseaux d’économie collaborative ont pris de l’importance et ont été repris à leur compte par de grands groupes. Plus personne n’achète de voiture, mais tout le monde utilise des services de location partagée selon ses besoins immédiats.

Ces transformations ont touché tous les domaines. Pour s’y adapter, les acteurs économiques doivent anticiper les besoins de plus en plus individualisés de leurs consommateurs pour des réponses sur-mesure.

On peut tout vendre partout et la concurrence, même pour les petits commerces, est mondiale. Les exigences des utilisateurs sont plus précises et ceux-ci ne payent que ce qu’ils consomment. Un univers de possibles connectés.

Biographie

Directeur Marketing et Communication du groupe Tapptic depuis janvier 2015, Nicolas Boisseleau a fait ses armes au sein de l’agence en tant que Project Manager puis Account Manager des principaux clients français de l’agence pendant 2 ans.
Avant cela il fut chef de produit au sein du plus gros groupe radiophonique français puis en charge de la communication digitale d’un festival de musique électronique. En parallèle, il est co-fondateur du collectif et label Bon Entendeur.

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