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Usages

L’avènement du streaming universel

  • Nicolas d'Hueppe
    Président du Directoire de Cellfish

Bienvenue en 2030. Un monde en libre accès où l’énergie sera produite et consommée sur place, où les objets quotidiens seront créés de manière autonome et selon nos besoins grâce à des imprimantes 3D, où nos contenus numériques seront « streamés » et consommés à volonté pour des coûts proches de zéro…

Le monde est en train de vivre sa troisième révolution industrielle. Une période de mutation qui tend vers une consommation communautaire basée sur l’intérêt collectif, le bien commun et la coopération. Poussée par la crise économique et les avancées technologiques, l’économie collaborative est l’illustration de cette tendance, remettant au goût du jour des notions de consommation et de partage déjà expérimentées par nos ancêtres dans leurs villages, mais dorénavant à échelle inédite. Du côté des loisirs, le phénomène du streaming a d’ores et déjà bousculé nos habitudes de consommation en dotant nos contenus vidéo et musicaux de nouvelles valeurs sociales, participatives, nomades et connectées.

Portrait d’un consommateur d’un nouveau type

Evoluant au cœur de cet environnement collaboratif et d’un Internet des Objets ne faisant plus qu’un avec son quotidien, l’homme connecté en 2030 sera un transhumain, un consommateur d’un nouveau type. Il expérimentera ses divertissements sous l’unique prisme de l’accès et de l’usage. La propriété unitaire aura totalement disparue cédant la place à la notion de propriété du droit d’accès à une quantité infinie de contenus. Ses loisirs ? Des expériences uniques et instantanées, en libre-service, 24X7, reproduites sans efforts et à des coûts proches de zéro.

Paul est un homme de 30 ans né en l’an 2000. A son réveil à 7h00, son lit évalue s’il a bien dormi et surveille son état de santé, envoyant un rapport instantané à son médecin traitant en cas d’anomalie. Le réveil programme sa musique préférée en fonction de son humeur matinale. Son miroir connecté à la station météo et aux derniers sites de mode lui conseille la tenue du jour en fonction des températures extérieures et des nouvelles tendances. Tout en prenant son petit déjeuner préparé par son robot domestique dans une assiette qui analyse ses différents apports nutritionnels, Paul endosse ses lunettes à réalité augmentée pour visualiser le dernier concert de son artiste préféré. La voiture connectée et autoguidée qui le conduit à son travail, évalue son état de stress et choisit en fonction une musique zen ou un film documentaire sur les mammifères marins. Mais Paul choisit lui d’écouter de la musique hard rock en streaming et en qualité studio sur son téléphone l’estimant plus à même de le booster avant sa réunion importante. Pour se détendre à son retour à la maison, Paul branche son casque pour s’immerger dans un film en réalité virtuelle à 360 degrés.

Du streaming ubiquitaire au total accès

Paul, comme tout homme connecté en 2030, aura un accès instantané, total à toutes formes de contenus culturels. Cette notion d’accessibilité et d’hyper-choix ira de pair avec l’abolition des frontières entre production et consommation. En effet, grâce à Internet et à de nouveaux outils technologiques dotés d’intelligence artificielle, Paul sera capable de produire ses propres contenus multimédia puis de les partager de manière exponentielle sur la toile. Ubiquitaire, le streaming sera le mode de consommation de contenus culturels dominant, porté par des réseaux mobiles à très haut débits et peu énergivores qui permettront des vitesses de connexions et de téléchargements quasi instantanées.

Des business models basés sur la personnalisation

L’avenir du divertissement sera sans conteste, portable, mobile et accessible en tous points. Les grandes chaînes de télévision vont laisser la place aux plateformes du web, le mobile deviendra l’écran par excellence et la télévision offrira du sur-mesure à l’aide du streaming. Avec la personnalisation comme nouveau relais de croissance, de nouveaux modèles économiques et expériences vont émerger basés sur l’hyper offre, l’agrégation rapide et intelligente de contenus, l’utilisation des smart data et de la recommandation communautaire et algorithmique pour coller au plus près de la demande ou encore, de la téléprésence immersive et partagée. Comme le disait si bien l’artiste visionnaire David Bowie (1) en 2002 dans une interview pour le NY Times, « La musique elle-même est en passe de devenir comme l’eau courante ou l’électricité. […] C’est absolument passionnant » !

Bibliographie

(1)http://www.nytimes.com/2002/06/09/arts/david-bowie-21st-century-entrepreneur.html

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