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Usages

L’Homme connecté sera créatif et interactif !

  • Alexandre PACHULSKI
    Chief Product Officer de Talentsoft

Dans quel environnement de travail évoluerons-nous en 2030 ? Le salariat sera-t-il toujours le modèle privilégié ? L’entreprise sera-t-elle toujours entre quatre murs ? Et surtout quelle place occupera la technologie dans notre quotidien ? Autant de questions qu’il est légitime de se poser et que je ne cesse de me poser après mes études en intelligence artificielle et 10 années passées dans le conseil RH. Un constat s’impose : 2016 reflète déjà ce que sera l’Homme de demain. À savoir : le même qu’aujourd’hui… mais en mieux !

À bas les frontières !

Et oui, 2030 commence aujourd’hui. L’environnement est déjà posé. Ainsi, l’Homme connecté existe déjà : c’est moi, c’est vous, c’est nous. Les technologies mobiles notamment ont déjà changé la donne… et la donnée par la même occasion. Fini l’entreprise classique enfermée entre 4 murs. En 2030, votre espace de travail, c’est le monde. Anytime, anywhere, anydevice. Le fameux ATAWAD ! Pourquoi rester « métro, boulot, dodo » lorsque l’on peut le remplacer par « avion, téléboulot, let’s go » ?

Sans aller aussi loin, les frontières n’auront pas totalement disparu mais les technologies actuelles l’autorisent déjà et renforcent l’appétence des salariés pour une flexibilité de plus en plus poussée. Le télétravail est déjà un concept très abouti dans certaines régions du monde comme la Scandinavie ou les États-Unis et leurs coffices, concept de « bar à travail », qui commencent à arriver en France. Mieux encore, dans certains pays dans lesquels la distance est une réalité quotidienne, comme l’Australie, il est même déjà une norme. Alors pourquoi pas chez nous ? Eh oui, bienvenue dans un monde globalisé. Il est donc temps de repenser le modèle de l’entreprise et, par conséquent, celui du travail. Le salariat ne sera plus le seul et unique – ou presque – modèle. L’entreprise se pensera comme un collectif d’individus qui se réuniront pour accomplir un projet. On touche du doigt aujourd’hui ce qui va se passer demain. Et ça va arriver !

Real Humans

Avez-vous vu cette série télé suédoise Real Humans dans laquelle des robots humanoïdes ressemblent comme deux gouttes d’eau à de vrais humains ? Se comportent comme nous ? Et même pensent comme nous ? On n’en est pas encore là mais on s’en approche, comme on a pu le constater au salon CES de Las Vegas de janvier 2016 où la robotique fait partie des grandes révolutions attendues dans les années à venir.

En 2030, notre environnement quotidien sera composé de robots. Que cela signifie-t-il ? Deux alternatives : soit ils nous remplaceront, soit ils nous compléteront. Regardez ce qu’il s’est passé dans les supermarchés. Nos traditionnelles caissières ont été en partie remplacées par des machines automatiques… elles-mêmes sous le contrôle d’anciennes caissières. Et finalement il y a toujours autant de queue !

Si le système a encore besoin d’améliorations, en revanche, dans certains domaines, les robots ont déjà une application concrète et… efficace. Ainsi, l’automobile, la médecine et même les usines 4.0 – également appelées usines du futur – intègrent déjà bon nombre de NBIC pour offrir un niveau de précision, de qualité et de sécurité bien supérieur à l’homme. Vous vous demandez ce que sont ces fameuses NBIC ? Il s’agit de l’acronyme pour Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives. Résultat : les ouvriers, les mécaniciens et les médecins sont toujours là et utiles. Ils ont juste changé de métier ou plus exactement leur métier a évolué. C’est la vision défendue par Bernard Stiegler dans son dernier ouvrage « L’Emploi est mort, vive le travail ».

Que va devenir l’Homme dans cette histoire ?

Au sein de ce nouvel environnement, comment agira l’Homme ? Quelle sera sa place… notre place ? Si nous souhaitons réellement profiter des robots, nous aurons besoin de beaucoup de formation, notamment pour ceux de la génération X nés avant l’avènement du web et du digital et qui seront toujours sur le marché du travail en 2030. Il va donc falloir les accompagner, un peu comme les caissières qui nous guident pour utiliser les nouvelles machines automatiques. Résultat : il sera nécessaire de monter en compétences sur ces nouveaux métiers. Est-ce pour autant que nous deviendrons des Hommes bioniques ? Un peu comme Steve Austin. Après tout, comme le rappelle Ray Kurzweil, Directeur R&D chez Google, pionnier en la matière, en 2030, nous aurons tous un cerveau connecté. Est-ce pour autant que nous vaudrons 3 milliards ? Pas certain. En revanche, ce qui est sûr, c’est que l’on tend bel et bien vers le « transhumanisme ». Les nanotechnologies réalisent déjà des prouesses : certaines micro-puces animent ainsi des prothèses ou permettent de recouvrer la vue ou l’audition. Toutefois, bien que l’Homme d’aujourd’hui – avec ses limites – ne sera pas tout à fait celui de demain, il n’en sera pas pour autant très éloigné.

Oubliez donc tous vos fantasmes au sujet de Super Jaimie… L’Homme connecté sera tout simplement nous… mais en mieux ! Les NBIC apporteront en effet ce complément connecté à toutes ces innovations pour nous permettre de réduire le fossé créé… par ces mêmes technologies. L’Homme connecté sera tout simplement ce qu’il est en tant qu’individu mais ses lacunes – qui pourraient l’empêcher d’être qui il est dans un monde connecté – seront comblées par les innovations elles-mêmes. L’intelligence artificielle pose clairement la question : quel sera le seul territoire de l’Homme sur lequel la machine ne pourra pas aller ? Qu’est-ce qui définit à la fois notre identité et notre valeur dans la société ? On en revient à la conscience. L’aspect connecté amène à gommer toutes les frictions qui m’empêchent d’être efficace et pleinement moi.

Un Homme social et mélomane

C’est ce que Peter Schwartz nomme l’intimate computing : l’informatique va apporter des réponses en temps réel grâce à une intelligence qui s’appuiera toujours sur des algorithmes programmés par l’Homme connecté. Le robot, quant à lui, se positionnera alors tel un partenaire voire un assistant personnel. Idéal pour se mettre en situation optimale pour puiser toutes les caractéristiques de son être connecté. Il disposera alors de toutes les informations dont il a besoin et aura toutes les clés en main pour en tirer profit. L’Homme connecté se retrouvera face à lui-même. « Quel est alors mon rôle dans la société et comment j’interagis avec mes pairs et les robots ? » Ce sera un Homme éminemment social, social qui sera renforcé dans un monde robotisé. Il interagira en permanence pour atteindre ses projets et créer de la valeur… à condition de connaître parfaitement sa partition pour se montrer créatif. Exactement comme dans le jazz ! Mais rassurez-vous, pas besoin de vous appeler Duke Ellington ou Ella Fitzgerald pour autant.

Les robots ne sont pas là pour nous remplacer mais pour nous permettre d’être pleinement nous. Les 14 années à venir doivent nous amener à nous questionner sur le rôle de l’humain dans la société. Une véritable exploration sociologique de la place de l’Homme sur terre.

Biographie

Directeur Produits chez Talentsoft, une société d'édition d'applications RH qu’il a cofondée, Alexandre Pachulski est passionné par le Knowledge Management, domaine dans lequel il possède un doctorat. Son champ de prédilection est la gestion des talents, qu’il applique au sein de Talentsoft et au sujet de laquelle il écrit et échange régulièrement sur son blog, Les Talents d’Alex. www.lestalentsdalex.com

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