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Usages

Voyager pour ses affaires en 2030 : facile !

  • Michel Dinh
    Directeur général, Havas Voyages

Le grand tournant digital des années 2010-2020 a déjà simplifié notre quotidien. Apprendre, travailler, se nourrir, faire du sport : rien ne sera plus comme avant. En 2030, les outils technologiques, fondus dans notre quotidien, ont changé les usages, et les usages ont appelé de nouvelles applications. En voyage par exemple : qu’il est loin le temps où l’on attendait l’avion en s’ennuyant et où on était à la merci des aléas des transports ! Le secteur du voyage d’affaires en particulier a été propice au développement de nouvelles technologies en vue d’offrir une expérience unique au client, généralement lui-même grand consommateur de high-tech….

Blurring et mixed-devices : la frontière travail/loisir est officiellement floue

Home office, coworking, on the move : la porosité des frontières entre travail et loisirs est désormais une évidence et la convergence entre outils et comportements annoncée depuis la fin des années 90, autant dire au siècle dernier, est enfin là.

Avec le digital est apparu dans le début des années 2000 le mélange des genres : les actifs travaillent le week-end, hors de chez-eux ou en vacances, et les voyageurs ‘Affaires’ utilisent des outils professionnels pour leur organisation personnelle… Très vite, alors que l’ordinateur – portable ou de bureau – était déjà l’outil privilégié du voyageur d’affaires pour effectuer ses recherches liées aux voyages et les réservations, c’est le smartphone qui s’est imposé vers les années 2015 – 2020, plébiscité comme l’outil le plus utile et complet en déplacement.

Connectivité : qui peut s’en passer aujourd’hui ? Certainement pas le voyageur d’affaires !

En termes de services attendus, comme on peut s’y attendre, le WiFi reste numéro un des services attendus par les voyageurs ‘Business’ et la question du prix a enfin été tranchée. D’ailleurs plus personne ne peut se rappeler comment on faisait « avant » – avant que tous les hôtels, moyens de transports ou lieux de transits ne soient connectés. Après le métro et le train, les compagnies aériennes ont suivi le mouvement et proposent toutes internet à bord. Pour aller encore plus loin, des solutions, comme le LiFi ou Wi-Fi de poche se sont généralisées. Et tout doit être connecté ! La fameuse montre connectée, longtemps restée un gadget, est devenue un standard – comme l’était devenu le smartphone en son temps. Mais la montre au poignet ne suffit pas, tout est dans le contenu ! Pour le voyageur, tout y est : météo, conversion de devise et partage de bons plans entre utilisateurs… Et, le complément indispensable au voyageur : la valise ! Elle est bien entendu reliée au Smartphone du voyageur, avec option « verrouillage / déverrouillage »…

En 2030, voyager sans bouger, c’est possible

Et pour ceux qui cherchent à limiter leurs déplacements ou qui veulent garder le contact lorsqu’ils sont justement à l’autre bout du monde ou de la ville : les solutions de Visioconférence ont fait beaucoup de progrès et d’adeptes ! La baisse des coûts, la montée en qualité du matériel et la généralisation de l’ultra haut débit ont beaucoup fait pour son développement. L’hologramme a en effet presque donné le don d’ubiquité au voyageur ! De la science-fiction ? Dès 2015, un cliché photographique transparent, au contact d’un objet à trois dimensions et illuminé sous un certain angle, restituait déjà une image en relief. Au départ présent dans certains aéroports (A Dubaï ou en Californie par exemple), son usage s’est étendu et la qualité de l’expérience s’est surtout améliorée ! Quand ce n’est pas le double du Travel Planner, spécialiste du voyage qui accompagne partout le voyageur d’affaires, qui accueille son client à l’autre bout du monde…

L’Agence de Demain, bien plus que du 2.0 amélioré…

Jadis, le voyageur d’affaires pouvait avoir le choix entre s’adresser à une agence de proximité qui connaissait bien ses besoins mais n’était pas forcément « à la pointe », à un centre d’appel souvent impersonnel ou, troisième option, il pouvait tout faire lui même, au risque d’y perdre du temps et de l’argent… Or certaines agences ont su s’adapter aux désirs des voyageurs d’affaires en prenant le meilleur de la technologie, de l’expertise du voyage d’affaires et du service… humain. « L’Agence de Demain », par exemple, pensée au milieu des années 2010 par Havas Voyages, a rendu le parcours client fluide et pertinent grâce à l’alliance de la digitalisation et du service ultra personnalisé. Le voyageur peut très bien commencer à prévoir son voyage sur internet, puis confier sa réalisation à son agence, sans perdre le contact, pour un service garanti tout au long du parcours client, où qu’il soit dans le monde.  L’évolutivité des usages permise par le numérique, en créant de nouvelles attentes en termes de services, laisse le champ des possibles ouvert pour les agences. De fait, le secteur a tôt fait de revenir du « tout numérique ». Il y avait une place à prendre pour réinventer une relation basée sur un service « online » et « offline » ouvert et intégré – et non de considérer un modèle physique contre un modèle numérique. Dans un domaine aussi sensible et personnel que le voyage d’affaires, si le numérique est indispensable pour accompagner les clients dans leurs nouveaux modes de vie via un carnet de voyages digital par exemple qui est capable d’être aussi « intelligent » et de proposer des prestations complémentaires (restaurant, activités) selon des habitudes et goûts personnels, la virtualisation de la relation ne doit pas pour autant couper le voyageur de l’expertise, du service et du conseil bien humain. Les agences qui ont tiré leur épingle du jeu sont celles qui ont anticipé cette tendance en proposant les services d’un Travel Planner « personnel », qui connaît son client et gère tout naturellement ses impératifs et ses préférences….

Collaboration et partage d’expérience… même dans le voyage d’affaires

Après avoir fait une entrée remarquée au début des années 2010, partager un logement, un véhicule ou même un guide n’est pas nouveau. Mais le phénomène, entré dans les mœurs de tous ceux qui recherchaient une alternative à l’hébergement hôtelier traditionnel ou une configuration plus personnelle en vivant « chez l’habitant » , s’est accéléré et a gagné le monde du voyage d’affaires. Cette formule, d’abord freinée par des politiques voyages cadrées qui redoutaient les complexités susceptibles d’être générées par l’entrée du C2C dans le voyage d’affaires, a fini par s’imposer comme une autre habitude B2C déclinée au B2B. Le phénomène a d’ailleurs été boosté par le constat que cette solution est devenue une réponse aux périodes de saturation classiques de l’offre hôtelière (grands rassemblements sportifs, salon…). La qualité des services a par ailleurs été rapidement régulée par le principe de l’évaluation par les usagers : comme ils le feraient en vacances, les voyageurs d’affaires ont pris l’habitude d’évaluer les services au profit de la communauté et de partager leurs expériences. Et des applications, qui se présentent comme des librairies en ligne, se sont mises à proposer des milliers de mini-guides constitués par des utilisateurs business du monde entier. Souvent, elles proposent d’indiquer les points alentours qui ont été recommandés par des utilisateurs, et elles permettent d’effectuer des recherches sur des spots à distance, comme pour obtenir par exemple un avis concernant un restaurant à proximité, des conseils ou encore diffuser immédiatement critiques et recommandations.

Voilà ! Voyager pour ses affaires en 2030 ? Facile…

 

Biographie

Michel Dinh occupe le poste de Directeur Général du réseau Havas Voyages, depuis 2004.
Michel Dinh élabore la stratégie du réseau et assure son déploiement en s’appuyant sur son réseau. Aujourd’hui, il traduit et concrétise les ambitions de Havas Voyages sur les marchés grand public et PME-PMI à travers notamment la transformation digitale de l’entreprise.
Issu de la presse quotidienne et expert du tourisme, Michel Dinh a développé des accords avec la PQR française à une époque où cette dernière se diversifiait dans le secteur du voyage grand public. Jusqu’à 21 titres de la presse portèrent le partenariat développé. Ainsi, il a pris la direction de filiales en difficulté et a fait des stratégies et plans de retournements sa spécialité, au service de Galfa Voyages (1993), Midi Libre Voyages et l’Indépendant Voyages (1996) et la Dépêche Voyages (1999), avant de devenir DGA d’Accor Travel en 2001.
En plus du voyage, Michel Dinh est un passionné de rugby et de golf, ce qui peut expliquer son attachement à construire des équipes responsables, qui mettent leur talent individuel au service du collectif.

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